Sous prétexte que nos gouvernants de droite comme de gauche ne parviennent pas à inverser la courbe du chômage depuis plus de quarante ans, voilà François Hollande proposant aujourd’hui une réforme du Code du Travail, convaincu que tous les moyens sont bons pour « doper » l’emploi.
En présentant un projet de loi qui vise à donner encore plus de flexibilité à l’employeur dans la gestion des hommes, notamment en facilitant les procédures de licenciement, en rendant plus modulables les heures de travail, en s’attaquant à la régularité des temps de repos, il apparaît clairement que sa politique ultra-libérale va contribuer à la dégradation des conditions de vie des salariés, notamment des smicards. Catégorie sociale qui fait déjà les frais de la précarité, de la paupérisation et de l’épuisement, ces travailleurs ne peuvent désormais sombrer que dans la désespérance.
Dès lors, il est clair qu’à ne pas vouloir entendre leurs légitimes coups de gueule, tôt ou tard, nos dirigeants devront s’attendre à en « prendre plein la gueule », les laissés-pour-compte du système n’ayant plus d’autres recours pour se faire entendre et respecter que la violence. Décidément, grèves, heurts et affrontements, voire émeutes ou insurrections, ont encore de beaux jours devant eux !
Philippe Parrot
Remarque : Ce chapeau écrit en février 2016 ainsi le poème qu’il présente, s’avèrent toujours d’une actualité brûlante en cette année 2019. En effet, à l’heure où la France d’en-bas — à travers les actions spectaculaires des « Gilets Jaunes » — manifeste sur tout le territoire national son mécontentement et son refus de voir la paupérisation et la précarisation des populations laborieuses s’accroître, le coup de gueule de tous ces « Sans-Voix-Sans-Grade » tétanise un pouvoir en place incapable d’inventer une nouvelle politique pour faire cesser leurs colères protéiformes, toutes tournées contre ses orientations ultra-libérales.
Lesquelles depuis Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et même François Hollande, n’ont conduit qu’à creuser d’une manière vertigineuse et inacceptable les inégalités entre les « élites politico-financières » de notre pays et le peuple…
Qu’adviendra-t-il de ce salutaire et salvateur coup de gueule ? Bien malin celui qui prétendrait le savoir à cette heure…
Lino Ventura dans « Un homme en colère » (1979)
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Poème 159 : Un homme en colère
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Messieurs, iniques dirigeants !
Dans vos palais pleins de gens,
Toutes vos portes sont fermées,
Jamais entrebâillées à l’armée,
En déroute des muets salariés.
Abattus, ils n’osent plus parier
Que des lois aboliront, demain,
La précarité, rêvant en chemin
D’un juste contrat indéterminé,
Bel horizon sur une voie minée.
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Vous ne dispensez à nous autres
Que langue de bois, vils apôtres !
Oui ! Nul salutaire rai de lumière
À nos âmes usées par les prières.
Comment échapper aux ténèbres
Avec vos oraisons trop funèbres ?
Ah ! Ministres, nuls en politique,
À manquer d’audace et d’éthique,
Vous ne pouvez pacifier ce monde
Rongé par des guerres à la ronde !
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Ah ! Que j’aimerais hurler ma rage
Face à vos tronches dans les nuages
Et abroger les privilèges de vos vies
À l’opposé de nos si simples envies !
Défait, je reste coi, vide et immobile.
Car, les dettes des banquiers habiles,
Il faut les payer en traites mensuelles
Sous peine de mourir dans une ruelle.
Ah ! Que je voudrais boxer contre vous
Et que vous tombiez dans notre boue !
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En colère, écarquiller vos yeux fuyants
De nantis incompétents et défaillants !
Vous forcer à voir ce bordel où l’on sue
Alors que vos putes vous sucent, nues !
Amer et écœuré, je fermerai les miens,
Songeant qu’ici-bas rien ne me retient,
Oubliant, le temps d’un trop bref repos,
Ce salaire minable trop collé à ma peau,
Insuffisant pour régler créances et frais,
Réduit par vous à quelque bête de trait !
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Voilà pourquoi je me sens lamentable !
Otage d’heures légalement modulables,
Le profit attendu fait de moi un esclave,
Le travail décousu m’a changé en épave.
Alors, comment espérer pouvoir profiter
Des plaisirs de la vie des baignades d’été,
Des livres des arts et, en mal de bonheur,
D’un amour vrai, sauveur de mon cœur ?
Écoutez bien ce coup de gueule, le seul !
Après, ce sera un coup dans vos gueules.
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Poème écrit par Philippe Parrot
Commencé le mardi 23 février 2016
Et terminé le jeudi 25 février 2016.
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