Michel Foucault (1926/1984), dans son livre « Histoire de la folie à l’âge classique » soulignait qu’il fallut attendre le 19ème siècle pour que le fou soit systématiquement enfermé en institution, sous prétexte qu’il devenait dérangeant aux yeux d’une bourgeoisie triomphante, trop attachée aux avancées de la raison comme aux principes de la morale. C’est vrai qu’il remet profondément en cause l’une et l’autre par ses agissements imprévisibles et ses propos inattendus.

À travers ses illuminations soudaines, il nous fait entrevoir en effet des bribes d’obscures vérités, inaudibles et inavouables aux oreilles des gens sensés, sur les choses et nous-mêmes qui bousculent brusquement le conformisme de nos manières de penser et d’agir. De quoi justifier amplement qu’on parque au plus vite cet empêcheur-de-tourner-en-rond !

Dans sa cellule et dans son monde, se moquant des principes de l’entendement comme des exigences de la chair qui nuisent aux élans de ses irrépressibles révélations, le voilà donc qui suit son chemin, solitaire et habité, sur la voie périlleuse d’une âme livrée à elle-même, détachée de tout ici-bas, mais qui, à travers les errements de ses échappées, révèle néanmoins, par effet miroir, à quel point le devenir de nos existences est tout autant hasardeux et surprenant…

 Philippe Parrot

Ether

*      *      *      *

Poème 161 : Ni la raison, ni l’amour. L’éther !

.

Dans le dédale de ses trop logiques pensées,

Un soir d’automne, un mot radieux, insensé,

S’est glissé, dans son esprit, pour leur parler.

Austères, elles l’avaient toujours trouvé laid !

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Elles: Pourquoi venir contrarier, par un ordre

Péremptoire, générateur de maints désordres,

L’homme sans qualité mais emprunt de raison

Que nous sûmes circonvenir au fil des saisons ?

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Lui : Parce que je me dois, avant qu’il ne meurt,

De lui faire connaître les richesses du bonheur :

Puiser dans les biens du monde à pleines mains,

Envahis de désirs, s’offrir corps et âme, gamins !

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Oui, je veux qu’il s’abandonne à de vives passions

Et se fie désormais aux élans des belles émotions,

Volées à la vie. Heures lumineuses, elles donnent

Tout son sel au destin, cette impasse brouillonne.

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Elles : Quelle vanité de songer à nous supplanter !

Entre devoirs et obligations, nous sûmes l’orienter

Au fil des années afin qu’il se plie à la sobre morale

Des pouvoirs établis, ancrée de manière viscérale…

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Lui : Justement ! Le temps de votre pesante sagesse

Est enfin révolu. Jouisseur de toute chose, je viens

Mettre à mal vos certitudes. Stupides, elles laissent

De marbre, trop stériles autant qu’il m’en souvient.

.

Oui ! Téméraire et impétueux, ravageur et obstiné,

Je viens conquérir vos terres pour libérer son âme

De vos délétères tutelles. Qu’il vous file sous le nez

En quête de plaisirs et de joie auprès d’une femme

.

Aux facettes multiples, simple, aimante et délurée,

Voilà ce à quoi je m’emploie, œuvrant avec malice !

Délaisser le poids du passé, trop longtemps enduré,

Pour ne s’adonner qu’à l’instant et ses mille délices,

.

Voilà ce à quoi je l’incite ! Lui dicter une conduite

L’exonérant enfin de celles qu’il suivit, normatives

Et pesantes, et avec insouciance l’engager de suite,

Le cœur léger et enthousiaste, sur la route créative

.

De l’amour partagé. Car auprès de celle qu’on aime,

Chacun retrouve son innocence d’enfant à se laisser

Amadouer par elle, ravi qu’au fil des jours elle sème

La graine de l’espoir dans sa chair, amère et blessée.

.

Elles : Fadaises que ces chimères auxquelles vous

Croyez ! Les êtres ont si peur de vivre sans tabous,

Au gré de leur émoi, qu’à renoncer à rester debout,

Ils s’avèrent lâches, ravis de le rester jusqu’au bout.

.

Préférant se fier aux lois, aux astreintes et tâches,

Nos pressions à rester dans le rang les attachent…

Dés lors, ce couard dont vous parlez, sans relâche,

Ne trouvera jamais le courage d’oser aller au clash.

.

Lui : Morales et logique ! À n’avoir que ces austères

Mots en bouche, inhibiteurs de l’esprit contestataire,

Vous réduisez cet homme à un zombi, genou à terre.

Moi, j’en ferai un impie s’interdisant de vous plaire.

.

Moi, saoul de sensations, ressentis et sentiments,

Je lui dirai : Cesse de penser et livre-toi vraiment,

Entièrement, à l’unique oracle que nul ne dément.

AIME ! Troublante invite aux oreilles des amants !

.

Tandis que vous, à entonner vos débiles requiem,

À chicaner sur ses lourdes charges pour la énième

Fois, au point qu’il en devient d’un coup si blême,

Vous ne saurez de quoi ses rêves, il les parsème…

*      *      *      *

L’homme les entendait parler en aparté, désarmé.

Ces voix intérieures ayant enfin cessé de charmer,

Tant ne plus réfléchir et jouir l’avaient transformé,

Dans son aire éthérée, il décida de rester enfermé.

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fichier pdfP 161 – Ni la raison, ni l’amour. L’éther !

Poème écrit par Philippe Parrot

Commencé le mercredi 2mars 2016

Et terminé le vendredi 4 mars 2016.

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