S’asseoir sur un banc, dans la Salle des Pas Perdus d’une gare, c’est comme aller au théâtre, sauf que la scène qui vous fait face, ne surplombe pas le parterre… Au beau milieu des voyageurs, nonchalants ou non, détendus ou non, heureux ou non, vous êtes bel et bien sur les planches, participant au même titre que les autres à ce ballet incessant de vies qui se croisent et se frôlent sans jamais se rencontrer, toutes trop absorbées par les impératifs de l’instant présent.
Alors, au centre de cette marée humaine, sans obligation aucune, il est plaisant de prendre le temps d’observer ces inconnus pour tenter d’imaginer ce qu’ils se disent et pensent, ce qu’ils sont et ce qu’ils vivent, d’où ils viennent et où ils vont, et plus particulièrement les amoureux. En effet, aveuglés par leurs propres sentiments et bouleversés par la joie des retrouvailles ou, au contraire, par le désarroi de la séparation, ils sont bien les seuls à exprimer leurs émotions avec impétuosité, ne se souciant nullement de les trahir par des gestes que beaucoup jugeraient inconvenants. Voilà pourquoi, surprenants dans l’anonymat de cette foule en transhumance, on ne peut que vite les remarquer, touché et attendri par la spontanéité de leurs si sincères élans…
Philippe Parrot
Salle des Pas Perdus – Gare de Lyon (Paris) – Auteur non identifié
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Poème 173 : Salle des Pas Perdus
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Dis ! Te souviens-tu de cet instant,
Poignant, de notre premier baiser ?
Volé sur un quai de gare au Temps,
C’était la promesse d’un lien, osée !
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L’envol de nos esprits vers une aire,
Garante d’une flamboyante liberté !
Seuls au monde, loin de cette Terre,
Bouleversés par les saveurs fruitées
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De nos lèvres mêlées, chacun buvait
La salive de l’autre. Ivresse éperdue.
Dans le subit émoi de nos êtres rivés
À notre passion naissante, suspendus
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Nos cœurs appréciaient ces secondes
Intemporelles, insérées avec bonheur
Dans nos vies trop souvent infécondes
Où soudain la chair rimait avec ardeur.
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Liées par cette étreinte, dans leur éther
Nos deux âmes manquantes, là réunies,
Narguaient chaque voyageur réfractaire
À cet ébat fougueux. Ô abandon impuni,
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Chante les exaltations de l’amour avant
Que les pleurs de l’adieu, dans un ultime
Sanglot, ne séparent les amants fervents,
Victimes des méfaits des ans, sale crime.
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Aveugles, dans le hall d’accueil, toi et moi
Ne voulions y songer. Envahis de frissons,
Nous pensions seulement à trouver un toit
Pour nous livrer l’un à l’autre, sans façon…
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Poème écrit par Philippe Parrot
Commencé le mardi 12 avril 2016
Et terminé le jeudi 14 avril 2016
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