Je m’appelle Gédéon. Labrador noir et mâle, au tempérament de chef de meute, insoumis chronique, fugueur éhonté, chasseur invétéré, avec mon corps puissant et musculeux, certes un peu pataud sur ses pattes trop courtes, bien plus qu’un animal de compagnie, je suis d’abord et surtout, sous mes airs bonasses, un tyrannique chef de clan. Au sein d’une famille composée de quatre bipèdes dressés à ma convenance afin qu’ils organisent leur vie autour de la mienne… Et, je l’avoue, dieu que c’est bon !
Tantôt installé dans un couffin dans le hall d’entrée pour filtrer entrées et sorties ; tantôt vautré sur le lit conjugal pour contrôler les agissements des adultes, je règne sur ce petit monde en maître incontesté, jouissant du gîte et du couvert en contrepartie d’un seul témoignage de satisfaction, exprimé chaque jour par quelques mouvements de queue. Obligation débile s’il en est, je m’en acquitte néanmoins consciencieusement, non sans malice et sournoiserie, trop heureux de conserver à ce prix mes indéfectibles prérogatives sur le cœur et l’esprit de ces humains….
Ah, décidément, chez ces gens, rien ne vaut une vie de chien !
Philippe Parrot
Photo trouvée sur internet – Auteur non identifié
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Poème 192 : Gédéon
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Allez ! Va t’ébattre loin de moi, fidèle,
Sur le bord du lac où je me suis assis !
Face à la nature, il te pousse des ailes,
À écouter les bruits et les clapotis d’ici.
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Si tu vois des colverts, jette-toi à l’eau !
Suis leur sillage juste avant leur envol !
À n’en rejoindre aucun, le corps pataud,
Je me moquerai de tes frasques frivoles.
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Après, ébroue-toi et viens vite t’allonger,
Dans l’attente d’une nouvelle échappée !
À pouvoir ainsi profiter de brefs congés,
Je rirai d’avoir adopté un pareil éclopé…
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Oui ! laisse-moi te caresser sur la grève !
Cesse de t’agiter et je goûterai au charme
Des vacances d’été, propices à mes rêves,
Ravi d’avoir fui le monde et son vacarme.
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Oui ! Viens donc à mes pieds ! Énergique,
Malgré ton allant bien supérieur au mien,
Gagnés par la sérénité des lieux, magique,
Reposons-nous Gédéon, mon brave chien !
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Poème écrit par Philippe Parrot
Commencé le samedi 23 juillet 2016
Et terminé le dimanche 24 juillet 2016
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