Dans son livre « Histoire de la folie à l’âge classique », Michel Foucault analyse la fonction du « Fou » dans notre monde occidental. Il montre ainsi qu’après avoir été respecté et parfaitement intégré dans la société sous prétexte qu’il était le seul détenteur d’une vérité que l’homme sensé ne pouvait entrevoir — au Moyen-Âge parfois nommé, à ce titre, conseiller du roi —, avec l’avènement d’une bourgeoisie industrieuse soucieuse d’Ordre et de Morale au nom du sacro-saint Travail, à partir du 18ème siècle, avec le développement des lieux d’enfermement, notamment les hôpitaux psychiatriques, les fous sont tous parqués, considérés dès lors comme des éléments asociaux dérangeants, voire dangereux, susceptibles par leurs propos de remettre en cause l’ordre établi…
Au vu de cette brillante démonstration, se pourrait-il donc qu’il y ait dans la parole du « Fou » matière à réflexions, en quête de la signification et de la profondeur du non-dit caché derrière l’apparente incohérence du dit ?
Philippe Parrot
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Poème 245 : Vous, ma folie douce
.
Dans la rue, noire de termites,
Dévoreuses des poutres et des
Charpentes de gris immeubles
.
Où vivent d’acariâtres ermites,
Il y a un sorcier, joueur de dés,
Les pieds dans la terre meuble.
.
Malgré une pluie battante, aux
Gouttes argentées sous les rais
De la lune, descend du podium
.
Des brumes, à la pâlotte peau,
Une chimère venue des marais
De mon fol esprit sous valium.
* * * *
Telle un ange tutélaire, glaçant,
Elle rayonne avec son frais teint
De rosée du matin, belle et nue,
.
Ayant dans ses bras d’indécents
Trésors… Ce sont en fait maints
Noirs liens, gardiens des Nues,
.
Que des soleils autrefois ont pris
Sous leurs ailes… Sinistre oiseau,
Un corbeau enfonce dans sa chair
.
Son bec à la pointe acérée. Épris
De cette créature sans oripeaux,
Il arrache son cœur en jachère…
* * * *
Par-delà les émois de ces visions,
Par-delà les délires de ces songes,
Par-delà les errances de ces rêves,
.
Heureusement, pleine d’émotions,
Il y a Vous, fuyant ces mensonges,
Toute à aimer et à jouir sans trêve.
.
Poème écrit par Philippe Parrot
Le samedi 11 février 2017
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