Une histoire abracadabrantesque, sans queue ni tête, à dormir debout ! Mais, somme toute, rêver, n’est-ce pas déjà dormir debout ?
Un jeune soldat, patriote et courageux, mort sur le champ de bataille… Une pie qui lui vole son médaillon au cou, à l’intérieur duquel se trouve la photo celle qu’il aime… Un soleil qui condamne l’oiseau à l’exil dans un bouge… Un rat qui en perd son morceau de gruyère… Un lapin en ragout dans la cheminée qui se désespère que volatile et bijou soient jetés au milieu des bûches… Un renard qui mord les clients… Un balai qui récupère les cendres de la photo… Enfin, des fées qui s’en émeuvent et une cigogne qui les rapporte auprès du fantassin tué…
Retour à l’envoyeur ! La boucle est de nouveau bouclée. Mais quelle histoire de « ouf » !
Philippe Parrot
Soldat tué durant la guerre 14-18
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Poème 275 : Retour au champ de bataille
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Au beau milieu d’un champ de bataille,
Parmi les corps démembrés dans la paille,
Une pie a repéré un médaillon brillant au cou
D’un jeune soldat tué… Avec son bec d’un coup,
Elle l’a volé pour le porter, à tire-d’aile, au Soleil…
À se présenter en noir et blanc comme une vieille,
Lui qui n’apprécie que le jaune vif, à voir rouge,
L’a sommée, illico, de s’exiler dans un bouge…
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Là, tout près de l’âtre où deux bûches brûlaient,
Dans une botte usée, se cachait un gros rat laid.
À claquer des dents à sa vue, son vieux morceau
De gruyère lui a échappé, effaré par tous ces sots
Autour des tables qui s’escrimaient à la plumer…
Une cocotte en mal de câlins, joliment costumée,
Mais très affamée, la jeta dans les flammes, rôtie
À moindre coût, puis contre un homme se blottit.
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Le bijou d’or fondit et la jolie demoiselle en photo
Disparut dans le feu, réduite en cendres bientôt…
Jeannot lapin, cuisiné dans une marmite en fonte,
En ragoût, à la sauce épicée, ressentit de la honte.
Comme futé renard passait, son seul ennemi juré,
Caché sous un manteau d’hiver, d’hier manucuré,
Il le pria de mordre la chair des buveurs avec rage
Pour qu’en prenant le train, ils aient tous la rage…
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Heureusement qu’un balai, avatar d’un grand sage,
Compatissant à ce drame et par hasard de passage,
Sut séparer parmi la braise le bon grain de l’ivraie.
Les restes de la Beauté, vite rassemblés à ses frais,
Dans un sac, sur le bord de la fenêtre furent posés.
Il passa le mot aux fées, toutes d’accord pour oser.
Une cigogne dans son bec le prit pour les ramener,
Auprès du fantassin mort, au bel amour malmené.
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P 275 – Retour au champ de bataille
Poème écrit par Philippe Parrot
Entre le 8 et le 9 juillet 2017
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