La sensation d’écoulement du Temps est une perception très subjective. Selon son âge, son état d’esprit et ses priorités du moment, chacun d’entre nous le ressent différemment. Flux permanent dans lequel s’opèrent les changements qui modifient ce qui nous entoure et ce que nous sommes, il est, avec l’espace, ce cadre incontournable qui rend possible notre singulier destin de Vivant : un jour apparaître pour, un jour, disparaître !

À ce titre, à observer les destructions et les ravages qui s’opèrent, en son sein, sur les choses et les êtres avant d’en arriver là ( tant de peines et de labeur pour ça : ce rien, ce néant ! ), il peut parfois nous arriver en quête d’un bouc émissaire responsable de ces naufrages et de cette absurdité d’avoir de bonnes raisons de l’exécrer et de s’en prendre alors à lui, même si — nous le savons — vider son sac et le vouer aux gémonies n’aura strictement aucune incidence sur son cours, tant notre sort l’indiffère.

Au moins, à nous défouler, nous faisons-nous plaisir à bon compte…

Philippe Parrot.

391 - Sous nos pas, la vie s'en va

Photo libre de droit trouvée sur Pixabay.com ( Auteur : Myriams-Fotos )

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Poème 391 : Sous nos pas, la vie s’en va…

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Sous les pas

Des êtres las,

La vie s’en va…

Entends, là-bas,

Sonner le « Glas »,

Cloche de l’Au-Delà !

.

Il y a, dans nos cœurs,

Tant de sourdes aigreurs

De n’avoir pas su, à l’heure,

Attrapé, au vol, maint bonheur

Qu’on finit, trop raisonneur,

Par regretter ces erreurs !

.

Tant au cadran de l’Horloge,

Deux aiguilles nous interrogent

Sur ce Temps auquel nul ne déroge

Et qui, indifférent aux sottes éloges,

La date de nos morts ne la proroge.

Impassible, au fond de sa loge !

*      *      *      *

Le cul sur quelque chaise,

A priori parfaitement à l’aise,

Ou les mains, au bord du malaise,

Ensanglantées par le travail qui pèse,

Ne nous leurrons pas avec des fadaises :

En fait, l’on exècre ce Salaud qui nous baise !

.

Se terrer dans son coin, apeuré, le regard

Tourné vers la Pendule, comme un vieillard

Qui décompte chaque seconde avant le Départ

Ou… lutter avec courage, au milieu des bagarres,

Pour briser les chaînes de nos maîtres goguenards,

Rien ne s’opposera aux arrêtés du Temps qui se marre.

*      *      *      *

Empêtrés dans les filets de nos insatiables désirs

Ou écartelés entre nos rêves d’un inénarrable avenir

Et nos espoirs de tendres amours, il nous faudra partir

Cependant. Et, à dire adieu à nos charnels devenirs,

À jamais privés d’ivresses, ce fatal destin le haïr…

Révoltés que nos vies doivent — hélas — finir !

.

fichier pdfP 391 – Sous nos pas, la vie s’en va

 Poème écrit par Philippe Parrot

Entre le 9 et le 11 juillet 2019

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