Qu’on soit un jeune en quête d’identité ou un adulte en quête de sens, la route s’avère souvent cette voie périlleuse — à l’asphalte déroulé dans l’espace à la manière d’un étroit ruban débobiné sans fin — qui, en reliant des régions et des villes entre elles, permet aux hommes voyageurs de jeter des ponts entre ce qu’ils sont et ce qu’ils voudraient être, par le biais des défis auxquels ils sont journellement confrontés, formateurs toujours, dramatiques parfois…
Voilà pourquoi, en partant explorer de nouvelles contrées, le routard part surtout découvrir de nouveaux mondes intérieurs qui, à les entrevoir au fur et à mesure des paysages traversés et des difficultés surmontées, l’aide à se révéler à lui-même. Expression d’un romantisme rédempteur, « tracer la route », c’est finalement vouloir vivre une expérience plus spirituelle que physique, c’est finalement vouloir faire corps avec une « nature sauvage » pour mieux renouer, croit-on, avec ce qu’il y a de plus profond et de plus authentique en soi.
Philippe Parrot
Photo libre de droit trouvée sur Pixabay.com (Auteur : Jplenio)
Générique du film « Easy Rider » de Denis Hopper (1969)
(Tourné sur la mythique « Route 66 »)
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Poème 443 : La route
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La route !
Ruban jeté vers l’Infini,
Serpentin déployé sur la Terre…
La route !
Noir macadam, cisailleur d’espaces,
Dur asphalte, ouvreur d’horizons…
La route !
Aux déroulés sans rupture, vertigineux,
Qui poussent les cœurs à s’épancher…
La route !
Aux silences sans fioriture, parlants,
Qui amènent les esprits à se taire…
La route !
Aux virages et aux côtes
Qui freinent la volonté d’agir…
La route !
Aux ornières et culs-de-sac
Qui révèlent la difficulté d’être…
La route !
Avec ses ciels limpides et orageux
Qui trahissent que tout est changement…
La route !
Avec ses villes grouillantes et bétonnées
Qui dévoilent que l’homme est conquérant…
La route !
Avec le chatoiement des couleurs contemplées
Qui émerveillent les yeux jusqu’au ravissement…
La route !
Avec l’exhalaison des fragrances humées
Qui titillent les narines jusqu’à l’ivresse…
La route !
Avec le foisonnement des sons perçus
Qui enchantent les oreilles jusqu’à l’émoi…
La route !
Avec le flamboiement des amours éphémères
Qui électrisent les mains jusqu’à l’extase…
La route !
Avec les poussières et les ronces
Qui usent les vêtements…
La route !
Avec la pluie et le vent
Qui épuisent les corps…
La route !
Avec ses destinations finales
Qui éloignent de ceux qu’on aime…
La route !
Avec ses haltes inattendues
Qui rapprochent de ceux qu’on croise…
La route !
Avec ses kilomètres à avaler, pourquoi,
Qui invitent à s’interroger sur soi…
La route !
Avec ses pays à traverser, pourquoi,
Qui incitent à penser à la mort…
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La route, en somme,
Avec ses vicissitudes
Est le miroir de la vie.
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La route, en somme,
Avec ses imprévus
Est le reflet du destin.
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Poème écrit par Philippe Parrot
Entre le 21 et le 23 juillet 2020
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Découvrez quatre autres poèmes sur le thème mythique de la route !
Poème 20 : Sur la route de soi
Poème 178 : Partir pour revenir
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