Le clown est un personnage dont le rôle était, à l’origine, de divertir entre deux numéros de cirque. À la fin du XIXème siècle, il acquiert cependant assez d’autonomie pour devenir, à lui seul, un spectacle à part entière. Grotesque, gauche, gaffeur, incapable de gérer quoi que ce soit, le clown ne fait qu’enchaîner catastrophe sur catastrophe. Sa raison d’être est de ne rien réussir et de tout rater. Mais ne nous trompons pas. Derrière l’idiot qui prête à rire — rendu plus ridicule encore par les vêtements qu’il porte : trop colorés, trop grands, trop extravagants — le clown est un pitre qui maîtrise parfaitement ses gestes et ses paroles, tout en donnant l’impression de ne contrôler absolument rien. Tout un art !
En fait, à travers ses bouffonneries, il cherche à se ridiculiser pour valoriser les spectateurs en leur montrant qu’il y a toujours plus bêtes qu’eux. Et cela, sans jamais faire la morale, bien au contraire. En leur offrant l’occasion de voir, à nouveau, avec la fraîcheur de leur regard d’enfants, il s’efforce de tordre le cou à leurs préjugés pour qu’ils s’acceptent enfin tels qu’ils sont. Sacrément culotté, en dévoilant dans ses facéties, cette part d’eux-mêmes qu’ils cachent dans leur vie quotidienne, il est bien le seul à oser faire ou dire des choses qu’aucun d’eux n’oserait faire ou dire, trop tétanise par la culpabilité ou la honte. Hors contrôle, se fichant des interdits, des tabous, il se permet le pire : dire du mal, gifler, bastonner, roter, péter sans que personne ne s’en offusque. D’une manière loufoque et irrésistible, il met à nu leurs travers. Les nôtres !
Traditionnellement, il y a deux sortes de clown :
Le Clown blanc : Maître de la piste, vêtu d’un costume blanc, affublé d’un chapeau cone sur le crâne, il apparaît constamment l’air digne et sérieux. Le visage maquillé comme un Pierrot lunaire, un sourcil sur le front, une mouche sur le menton ou la joue, il est élégant, pétillant, malicieux, là pour faire valoir l’Auguste.
L’Auguste : Personnage totalement déjanté, il porte un nez rouge, un maquillage outrancier, une perruque, des vêtements extravagants de couleur éclatante, des chaussures immenses. Impertinent, il n’hésite jamais à se lancer dans d’invraisemblables fanfaronnades qui partent toutes en vrille, prenant un malin plaisir à déstabiliser le Clown blanc.
Philippe Parrot
Photo trouvée sur Pixabay.com (Auteur : Jackmac34)
Histoire du clown
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Poème 449 : Adieu l’Auguste
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Ô désopilant Auguste ! Autrefois, dès que tu posais
Tes grolles, ta burlesque dégaine métamorphosait
Les spectateurs crédules en éternels enfants…
Sous le chapiteau, dans tes habits bouffants,
Tes blagues et saynètes suscitaient une gaîté,
Saine, qui, chaque soir, chassait leur anxiété.
Ton allure débonnaire et tes propos cocasses,
Ton maquillage criard et tes sourires bonasses,
Égayaient le cœur des familles, aux âmes jubilatoires.
Il n’en suffisait pas moins pour qu’en toi, ils veuillent croire.
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Hélas aujourd’hui, la salvatrice magie que recèle ton aura
— Le cirque tombé aux oubliettes — personne ne se battra
Pour qu’elle revienne émerveiller nos futiles vies,
Trop saturées d’images. À n’avoir d’autre envie
Que d’apparaître sur les réseaux, quelle place
Pour tes gags ? Sache qu’ils laissent de glace
Les jeunes générations, loin de se prévaloir
De ton humour. Désormais, à ne plus savoir
Apprécier ta simplicité, l’esprit consumériste,
Accros aux médias, nous sommes tous autistes.
.
Alors, comme tous les autres, je ne vais plus
M’asseoir sur un gradin, à mon bureau reclus.
Et quand je songe à toi, loufoque personnage,
Dans ma tête, jovial héraut toujours en voyage,
Il me semble entendre et voir un Sage malicieux,
Grotesque et attachant, nullement prétentieux,
Qui chercherait à dire : « Apprends à regarder
Les êtres de chair et auprès d’eux à t’attarder !
Enivre-toi de leur regard, nourris-toi de leurs
Amours ! Tant est charnel le vrai bonheur ! »
.
Poème écrit par Philippe Parrot
Entre le 15 et le 18 septembre 2020
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