Ailleurs, à des milliers de kilomètres de là, sur un autre continent, il n’avait connu que la guerre, la famine et l’exode. Les siens avaient été décimés, violés, torturés et lui-même n’avait échappé aux massacres que d’extrême justesse. Aussi, à ne plus entrevoir d’avenir dans son pays, s’était-il résolu, la mort dans l’âme, à embarquer sur un rafiot de fortune.
Quelques jours plus tard, affaibli et hagard, il avait été débarqué, de nuit, sur un rivage inconnu. Depuis, les mois s’étaient écoulés sans qu’il ne cesse d’errer sur cette « terre d’asile », ne sachant où aller, ne sachant où s’arrêter, ne sachant à qui parler, quand, un matin d’été, il traversa un hameau où vivaient des villageois coupés du monde depuis des lustres.
Manifestement, sa venue dérangeait… Il était « l’Étranger », l’homme-au-visage-cuivré dont on ne sait rien et qui fait peur. Aussi, au premier prétexte venu : un regard implorant porté en direction des femmes, les hommes, suspicieux et vindicatifs, constitués en Tribunal Populaire, exigèrent qu’on châtia celui qui osait solliciter de la sorte leur épouse et leurs filles.
Jugé à la hâte, sans qu’il puisse se défendre, ignorant tout de leur langue, il fut pendu sur l’heure et les gens de cette communauté profondément pieuse, l’esprit de nouveau tranquille, reprirent leurs habitudes, leur bonne conscience nullement entachée.
Philippe Parrot
Photo libre de droit trouvée sur Pixabay.com (Auteur : Non précisé)
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Poème 451 : L’exil et le gibet
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Un pressentiment
Qui ne te ment
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Tandis que le Temps
Tue tant et tant !
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Ta bouche à la fontaine
Abreuve ton âme incertaine.
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Passe, à tes côtés, l’Étranger
Qui te demande à manger.
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Son histoire d’exilé,
Dans son journal compilée,
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S’ancrerait dans nos cœurs
Si nous la chantions en chœur…
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Tu as vite comblé sa faim.
Il a poursuivi son chemin.
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Sur la route, des villageois,
Haineux rapaces rabat-joie,
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L’ont pendu, haut et court,
À l’arbre mort d’une cour.
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Les juges, en plein repas,
N’ont exigé aucun mea-culpa.
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Ainsi en va-t-il du triste sort
Des « Sans-dent » et consorts.
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La Terre n’est qu’une aire de haines,
Noires, génératrices de morts et de peines.
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Poème écrit par Philippe Parrot
Entre le 1 et le 3 octobre 2020
Découvrez un autre poème sur le même thème : Poème 452 : Fils barbelés
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