La mésange est un « objet-volant-parfaitement-identifié », issu de la famille des volatoïdes, une espèce caractérisée par une ossature en titane, recouvert par un revêtement de plumes bariolées du plus bel effet. Fruit du croisements entre une « maie » et un « ange » — ce meuble dans lequel l’on pétrissait le pain et cet être mi-homme mi-dieu qui sert d’intercesseur — elle apparaît, semble-t-il, au début du 19ième siècle.
Nichant le plus souvent près des presbytères et des boulangeries, elle se nourrit exclusivement de grains de blé, passant le plus clair de son temps à fréquenter les couloirs de métro aux heures de pointe, les pistes de danse des boites de nuit afin de convertir à la religion les mécréants qu’elle croise. Indépendamment de ses vives couleurs, allant du bleu au vert, en passant par le noir et le jaune, on la reconnaît, moins à la voir qu’à l’entendre. En effet, à l’image du légendaire crocodile, cher à Peter Pan, qui rêve de bouffer le Capitaine Crochet, elle recèle dans son estomac — sans que les scientifiques puissent expliquer le pourquoi du comment – un orgue de barbarie qui répète en boucle l’Adagio d’Albinoni. Autant dire qu’elle est facilement repérable et qu’elle fait pleurer dans les chaumières…
Source internet : Widipiédenlpla
Philippe Parrot
Photo libre de droit trouvée sur Pixabay.com (Auteur : Capri23auto)
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Poème 453 : Partir à tire-d’aile
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Ce dimanche, en fin de matinée,
Mésange imprudente, sous son nez,
Un chat m’avait attrapée. M’ayant ôtée
De sa gueule, une aile cassée, à ses côtés,
Je gisais… C’était un jour gris d’automne,
Quand ciel bas et vent froid claironnent
La venue de l’hiver. Avec précaution,
Il m’a prise, touché, avec l’intention
De me sauver. Apeurée, loin du nid,
— Pour toujours abandonné et sans vie —
Je me suis blottie dans le creux de sa main.
Et, à comprendre ne jamais voler demain,
Et, à comprendre ne plus jamais picorer
Graines et baies aux abords de la forêt
Dans un ultime soubresaut, mes yeux
Minuscules, tournés vers les Cieux,
Se sont fermés, mon joli corps, raidi…
Il vit mon bec s’ouvrir mais n’a rien dit.
Privée de ma seule raison d’être, je faisais
Le choix, plus apte à m’élever, à me poser,
De « partir ». Au chaud, entre ses doigts
Sans pépier et me cacher ! Avec émoi,
Il caressa mon ventre jaune vif, barré
D’un rai, mes joues blanches, moiré
Mon crâne noir, mon manteau d’un
Bleu vert, doux comme du satin.
Tant de couleurs chamarrées,
Tant de grâces concentrées,
Dans leur élan stoppées, il
Ne cessait pas, immobile,
De les contempler. Au pied
D’un chêne, dans un papier,
Dans le parc, il m’a enterrée.
Sûr qu’au printemps, libérée,
Lorsque le gazon repoussera
Et que mon squelette le sentira
Revenir, mon âme, bel hommage,
Se réjouira de planer parmi les nuages.
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Poème écrit par Philippe Parrot
Entre le 13 et le 17 octobre 2020
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