Le poète, ce rêveur constamment envahi d’images génératrices d’invraisemblables chimères qui le possèdent sans qu’il puisse s’opposer à leur prégnance, à ne pas pouvoir faire autrement que de se réfugier dans l’écriture pour exorciser ses démons ne peut s’empêcher de croire, tôt ou tard, au caractère intemporel de ses mots, trop heureux de se convaincre qu’ils demeureront à jamais couchés sur le papier.
De là à imaginer que ce qui les engendre : l’esprit, est éternel, il n’y a qu’un pas qu’il franchit allégrement, attribuant à « l’âme » — cette quintessence de la pensée qu’il ressent vibrer dans ses textes — ce don d’éternité. Ressenti qui, affirmé fort à propos, le console de son fatal destin, en le berçant de l’illusion qu’après sa mort, une part de lui-même, au travers de ses écrits, continuera à bercer les cœurs des générations futures !
Fadaises ! À peine sorti de son bureau, le poète, assailli par les incontournables pesanteurs de la vie quotidienne, voit bien que ses échappées salvatrices n’ont autre éternité que celle, intemporelle et fugace, de l’instant où il les crée. Et qu’en conséquence, il lui faut admettre que s’assumer en tant qu’artiste et homme, c’est vouloir croire en l’immortalité de l’esprit dans la solitude de la création mais devoir admettre, aussitôt retourné au monde, sa consubstantielle finitude, hélas tributaire du devenir d’un corps jeté dans l’arène du monde.
Philippe Parrot
Photo libre de droit trouvée sur Pixabay.com (Auteur : LaughingRaven)
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Poème 454 : Croire en l’âme ?
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À devoir, las des batailles,
Franchir l’ultime portail
Qui se passe des décors
Des palais recouverts d’or,
Tu devras accepter de devenir :
Insensible aux caresses à venir
Du vent… sourd, aux bruits
Du monde d’aujourd’hui…
Aveugle, aux rais du soleil
Qui illuminent tes réveils…
Indifférent, enfin, aux odeurs
Des sous-bois dans les tiédeurs
De l’automne… Ton corps et tes
Sens, de vibrer, se seront arrêtés
Et ton âme, survivante à tes chairs
Inhumées — refusant d’être en terre —
Se sera échappée… S’ensuit qu’à cet instant,
Toi, passé de vie à trépas, elle, libérée du Temps,
Elle te perpétuera et qu’en mémoire de toi, du Néant,
Elle extirpera de ces abysses profonds et béants,
Les sourires des êtres aimés, les chaudes voix
Des gens croisés, trouvant dans cette voie
Céleste et touchante de quoi empêcher
Que le vil oubli ne vienne t’arracher
Ton passé. Si poignantes images
À jamais attachées au Voyage !
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Poème écrit par Philippe Parrot
Entre le 20 et le 23 octobre 2020
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