Gravitant depuis la nuit des Temps au centre même des galaxies constitutives de l’Univers, « l’Œil », au cours des siècles et des millénaires, avait toujours été le mieux placé pour voir systèmes et planètes naître, croître et disparaître. Notamment sa préférée, la Terre, d’un bleu lumineux, où, par la conjonction de hasards et de nécessités, la matière avait réussi à engendrer autre chose qu’elle-même : l’esprit. Sous la forme d’êtres bizarres qui ne pouvaient s’empêcher de vouloir tout comprendre et tout conquérir pour satisfaire leurs désirs, toujours en quête de plaisirs et de jouissances, seules raisons d’être de leur existence ici-bas…
Mais ces bipèdes, à trop proliférer, à trop envahir, avaient fini non seulement par être trop nombreux mais aussi par être trop conquérants. Sous prétexte de permettre à chacun d’avoir gîte et couvert, tous les coins et recoins de leur monde avaient été « civilisés ». Constitués en groupes érigés en États, guerroyant constamment les uns contre les autres pour assurer leur survie, ils avaient réussi à détruire des équilibres immémoriaux, garants de la pérennité même de leur destin. C’est pourquoi, bien avant que le système solaire n’implose et que ne disparaissent les astres gravitant autour de lui, l’Œil, en témoin impavide des faits, avait assisté à la fin de cette espèce créatrice de maintes civilisations qui avaient porté haut les couleurs de la raison. Avant que cette dernière ne conduise ces hommes à leur propre anéantissement, trop inféodée à leur seule volonté de puissance, inextinguible et mortifère…
Philippe Parrot
Photo libre de droit trouvée sur Pixabay.com (Auteur : Geralt)
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Poème 456 : Un jour, encore lointain…
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Un jour, encore lointain,
À cause des pluies, les pieds des hommes,
Dans les labours, s’embourberont…
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Un jour, encore lointain,
À cause des vagues, les corps des hommes,
Dans les abysses, sombreront…
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Un jour, encore lointain,
À cause des tempêtes, les pas des hommes,
Dans le sable, s’effaceront…
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Un jour, encore lointain,
À cause des tornades, les âmes des hommes,
Dans l’éther, s’éparpilleront…
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Un jour, encore lointain,
À cause du soleil, les yeux des hommes,
Dans la lumière, larmoieront…
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Un jour, encore lointain,
À cause de sa fin, les cris des hommes,
Dans la fournaise, cesseront…
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Ainsi…
Au fil du fatal Temps, la fougue des hommes,
Dans leur chair, au gré des obstacles, s’étiolera…
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Ainsi…
Au fil du fatal Temps, le sang des hommes,
Dans leur cœur, au gré des combats, se glacera…
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Ainsi…
Au fil du fatal Temps, l’esprit des hommes,
Dans leur crâne, au gré des échecs, s’aigrira.
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Ainsi…
Au fil du fatal Temps, la parole des hommes,
Dans leur bouche, au gré des invectives, s’avilira.
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Ainsi …
Au fil du fatal Temps, la candeur des hommes,
Dans leur regard, au gré des trahisons, s’estompera.
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Ainsi…
Au fil du fatal Temps, la douceur des hommes,
Dans leur main, au gré des déceptions, disparaîtra.
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C’est pourquoi, au terme de trop de sang et de coups,
L’espèce humaine, poussée par sa seule folie jusqu’au bout,
Périra dans la fureur — au milieu des clameurs — pleine de dégoût
Pour ce Monde qu’elle conquit et pilla, avide de jouir quel qu’en soit le coût !
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P 456 – Un jour, encore lointain…
Poème écrit par Philippe Parrot
Entre le 3 et le 6 novembre 2020
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