Makaon, la chenille, se languissait de devoir patienter si longtemps avant de devenir papillon. En effet, qu’elle se déplace sur le sol, le long d’une tige ou sur une feuille — en fluides ondulations successives, de l’arrière du corps à la tête — elle s’était vite lassée de ce pas de sénateur qui ne convenait pas à ses attentes. En effet, à peine sortie de l’œuf, tombée immédiatement amoureuse de l’Étoile du berger, la première à apparaître dans le ciel nocturne, elle ne cessait de rêver d’elle, ou plutôt de ce jour mémorable où elle volèterait dans les airs pour la rejoindre.
Aussi, après s’être transformée en chrysalide, suspendue à la plus haute branche du plus haut arbre, au sommet de la plus haute montagne de la contrée, qu’elle ne fut pas sa joie de se voir métamorphosée, un soir d’été après la mue, en un magnifique lepidoptera jaune et noir pourvu de grandes queues.
Makaon attendit cependant l’aube et, dès que le soleil pointa à l’horizon, il s’élança. Hélas, il n’avait eu le temps de ne donner que quelques coups d’aile, descendu dans la vallée pour aspirer le nectar de fleurs, qu’il se sentit pris dans les mailles d’un filet, au beau milieu de cris et de rires.
Le corps transpercé par une aiguille, bientôt suspendu à un panneau au milieu d’autres variétés d’insectes, il venait agrandir la collection d’un enfant.
Ainsi, à peine né, son rêve de filer vers Vénus se brisait ! Crucifié, cloué à la Terre, son destin était donc de ne jamais s’en arracher…
Philippe Parrot
Photo libre de droit trouvée sur Pixabay.com (Auteur : Pezibear)
Cycle de vie du papillon machaon (en accéléré)
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Poème 460 : S’arracher
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S’extraire de la Terre,
De ses enjeux délétères…
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Se détacher de la chair,
De ses viles surenchères…
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Occulter des pans du Passé,
Trop de souvenirs à chasser…
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Critiquer les choix d’hier,
La conscience guère fière…
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Vouloir croire dans les Cieux,
Reclus dans quelque lieu…
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S’adonner à des rêves stériles,
Conscient qu’ils mettent en péril…
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Avancer de la sorte,
Ses pas sans escorte.
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Cautionner cette fuite,
Bien morbide conduite.
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À vouloir ainsi renoncer
À l’action, trop oppressé…
À vouloir ainsi tout espérer
De la pensée, bientôt libéré…
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Ne reste plus, en somme, qu’à inviter les autres à rire,
Chanter, danser, s’enivrer, s’abandonner et, surtout, chérir…
Ne reste plus, en somme, qu’à inviter les autres à jouir du présent,
Indicible et fugace instant, au cœur des amants tellement électrisant…
Poème écrit par Philippe Parrot
Entre le 2 et le 3 décembre 2020
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