Plus qu’un principe fondateur de l’existence humaine, ne faut-il pas concevoir l’âme comme une sorte d’énergie vitale, impalpable et indéfinissable, qui aurait le pouvoir de marier, dans un même élan, la sensibilité avec l’intellect, la part immanente de l’homme avec sa part transcendante ?
Contrairement à l’esprit qui, à ressortir uniquement de la sphère de l’entendement, se réduit à la capacité de connaître le monde en déterminant les causes de son devenir, l’âme ne serait-elle pas cette force-en-soi qui, portée par le cœur et structurée par la pensée, cherche frénétiquement à trouver du sens à nos vies comme à ce qui nous entoure ?
Dès lors, ne devrions-nous pas lui en être reconnaissants d’être ce qu’elle est car, sans cette irrépressible aspiration consubstantielle à sa nature, aucun d’entre nous n’aurait le désir et le goût d’entreprendre et de vivre ? Oui, à nous insuffler foi et convictions dans la réalisation de nos projets, elle est bien cet étrange et énergisant souffle qui, à nous galvaniser, entraîne et justifie nos actions !
Philippe Parrot
Photo libre de droit trouvée sur Pixabay.com (Auteur : Geralt)
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Poème 465 : Rêves d’âmes
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Sous la caresse du vent
D’été, les herbes folles,
Les fleurs des champs,
Aux criardes couleurs,
S’agitent par moments
Dans le pré en jachère.
.
On dirait une vaste mer
Traversée par des forces,
Pareilles aux fortes houles,
Qui feraient osciller de droite
Et de gauche, en ondoiements
Gracieux, la dense végétation.
* * * *
Le soleil au zénith,
Épuisés de fatigue,
Accablés de chaleur,
Tous, humains et bêtes,
Se taisent et se terrent,
À l’ombre des buissons
.
Tandis qu’ailleurs,
Entre des pierres ou
Sous d’épais feuillages,
En hommage à ses rais,
Craquettent des grillons,
Stridule une sauterelle…
.
Tandis qu’ailleurs, au pied
De graminées, en retrait,
Se suivent des chenilles,
S’affairent des fourmis,
Traînasse un scarabée,
Lambine un escargot…
* * * *
Sous les vifs rayons
De l’astre conquérant,
Flore et faune attendent
Qu’il amorce sa descente
Et qu’au fil des heures,
S’estompe la canicule.
.
Et le soir, peu avant son
Coucher, sur les berges
Du lit de la large rivière,
Où les feuilles des frênes
Bruissent, où les roseaux
S’agitent, chasse le héron.
.
Haut perché sur ses fines
Pattes, dans la vase où
Nichent les anguilles,
D’un pas cérémonial,
Il avance, aux aguets,
Son long bec prêt à tuer.
.
Et quand, dans un dernier
Éclat, la boule de feu,
Incandescente et
Ronde, va bientôt
Disparaître, d’un
Coup, à l’horizon,
.
Portées par une légère brise
Marquée par la fraîcheur
De la nuit en approche,
Les âmes revanchardes
Des anges noirs déchus
S’éveillent lentement…
* * * *
Cernées par un brouillard naissant,
Dans l’étrange sérénité qu’induit
Le crépuscule, elles s’adonnent
À la joie de humer à la ronde
Mille délicates fragrances,
Exhalées par les plantes.
.
Sevrées, elles se surprennent
Alors à rêver d’échappées
Inavouables, de sabbats
En plein bois, bruyantes
Et démentes fêtes passées
À forniquer, boire et danser.
.
C’est alors qu’elles se libéreraient,
Vives transes, de leur invisibilité
Lassante, pressées de devenir
D’incorrigibles jouisseurs qui,
Dans la peau vibrante de mortels,
Se livreraient aux plaisirs de la chair.
.
Leurs sens assouvis, leurs frasques
Satisfaites, leurs orgies achevées,
Adoubées par le Diable, dans
Son impur verger tentateur,
Elles se réjouiraient d’avoir
Enfin cueilli « La » pomme.
.
Hélas, de n’avoir ni bouche
Ni dents pour pouvoir vite
« La » croquer, de désespoir
Elles laisseraient s’écouler
Un tel flot de larmes qu’un
Génie, toutes, les laperait.
.
Ces pleurs aux sucs
Amers — à comprendre
De ne jamais pouvoir espérer
Vivre de charnelle manière ! —
Se perdraient dans l’obscurité,
Seuil de profondes ténèbres.
.
Glaçant, un lourd silence
Aussi pesant qu’un remords
Étoufferait leurs vains cris et,
Emprisonnées dans les crevasses
Du Temps, elles finiraient damnées
D’avoir songé à s’incarner en hommes.
Poème écrit par Philippe Parrot
Entre le 12 et le 15 janvier 2021.
Et modifié le 22 août 2024.
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