Confiné dans la maison familiale à devoir supporter des parents soit au chômage soit en télétravail ou reclus dans une chambre, en ville, en Cité-U, avec des cours en présentiel en pointillé, voire même supprimés, des « p’tits jobs » disparus faute de marchés qui s’écroulent, enfin, des lieux traditionnels de rencontre fermés, dans de telles conditions imposées par la Covid-19, comment garder le moral ?

Oui ! Privé de l’opportunité de croiser des êtres de chair : de les toucher, de les aimer, comment avoir 20 ans, en 2021, sans avoir sacrément le blues, ses désirs refoulés, ses envies réprimées, ses repères disparus, ses dons mis en sommeil sous prétexte qu’il faut suivre des consignes sanitaires qui institutionnalisent la distanciation, l’éloignement et prônent une communication virtuelle au détriment d’échanges vrais ?

Oui ! Comment vivre dans ce nouveau monde-là, tracé, contrôlé, surveillé, encadré quand bouillonne en soi le besoin de connaître d’autres choses, de voir d’autres gens, d’expérimenter les vertus de la pensée dans des discussions autour d’une table, de s’abandonner aux ivresses de l’amour par la grâce de mains qui s’effleurent, de bouches qui s’épousent, de corps qui s’unissent ? Oui ! Comment s’enthousiasmer et vibrer quand l’heure est à l’enfermement, la distanciation, l’éloignement, la peur, le désarroi ?

Prétendre apporter des réponses précises, des solutions immédiates afin de remédier à cette dévastatrice solitude semble bien prématuré quand hommes politiques et citoyens naviguent à vue, au jour le jour, incapables de circonvenir le Pendant et d’entrevoir l’Après. Les actions menées par l’État et la société civile afin de remédier au vague à l’âme de la jeunesse d’aujourd’hui ne peuvent donc  être qu’au coup par coup, insatisfaisantes et partielles.

Reste une piètre option, subjective et, à plus d’un titre, aléatoire. À l’instant de sombrer dans la mélancolie, s’astreindre à s’adonner aux salvatrices échappées de la rêverie !

Philippe Parrot

Sans titre

Photo libre de droit trouvée sur Pixabay.com (Auteur : Johnhain)

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Poème 469 : 20 ans en plein Covid !

.

Affalé sur la chaise,

Anxieux et désœuvré,

Face à l’unique fenêtre

De ta piaule minuscule ;

Contraint d’être enfermé

Pour contenir la Covid,

Face à un ciel d’hiver

— Gris et pesant comme

Une chape de plomb —

Et à une triste avenue

Où de rares passants

— Filiformes silhouettes

De zombis tourmentés et

Nerveux, tous masqués

Et pressés, soumis au

Couvre-feu — essaient

De contourner, en vain,

Les patrouilles policières,

Comment donc t’en sortir

Dans un monde chamboulé,

Devenu, du fait du sanitaire,

Dirigiste et trop sécuritaire,

Voire même autoritaire ?

.

Sans nulle perspective,

Sans nul stage à venir,

Sans nul cours en fac,

Cloîtré dans ta famille

Ou dans une chambre

En ville — guère mieux

En Cité U — déboussolé,

Privé de tous tes potes,

Privé de ces copines

Qui t’offraient leurs

Rires et leur bouche,

Et parfois plus encore,

— Les lieux où se croiser,

Aujourd’hui tous fermés —

Dans une telle ambiance,

Dans un si grand chaos,

Dans une si triste geôle,

Comment donc imaginer

Une existence enviable :

Des études normales…

Un diplôme reconnu…

Un métier gratifiant…

Un amour durable…

Un avenir attractif ?

.

À trop tourner en rond

Dans cet espace clos,

Maintenant empêché

De cumuler ces jobs,

« Petits » et mal payés,

Qui t’assuraient pourtant

Des fins de mois corrects,

Comment trouver ta place,

Désormais sans ressources,

Dans un système marchand

Qui s’écroule brutalement ?

.

Envahi d’inquiétudes,

Parfois de désespoirs,

Taraudé par des peurs :

De n’avoir plus d’argent,

De n’avoir plus de repères,

De n’avoir plus de possibles ;

Au plus fort de cette tempête,

Tu flottes, ballotté, à la surface

D’une mer intérieure, abyssale

Et houleuse, parti à la dérive

À cause d’un fatal virus.

Prostré, coincé entre

Précarité et solitude,

Tu n’oses plus croire

Que des pas, vers toi,

Tu puisses les entendre,

Qu’une amicale main, vers

Toi, tu puisses la voir se tendre.

.

Dans cet enfermement, dès

Lors, pourquoi ne pas profiter

De ce temps mort forcé, en quête

De lâcher prise, pour t’abandonner

Au fil de ces jours gris, au fil de ces

Mois noirs, aux bienfaits des rêves

Comme aux charmes des songes qui

Chassent craintes et doutes bien mieux

Qu’une drogue ? Porté par leurs mirages,

Échappées oniriques hantées de chimères,

Surgies de ton imaginaire jamais confiné,

Laisse ces salutaires visions s’emparer

De ton âme et réchauffer ton cœur,

Baumes à tes mornes journées.

.

Elles illumineront ces heures sombres

D’abracadabrantesques histoires, sans

Cesse renouvelés au gré de tes désirs.

Ailleurs et sous leurs charmes, tu en

Arriveras à devoir reconnaître que,

Tout inventés qu’ils soient, ces êtres

Évanescents, aux avatars multiples,

Qui squattent ta conscience, t’aident

À tenir. Laisse leur pouvoir opérer ! Vis,

Contre ta volonté emmuré dans ton antre,

D’oniriques aventures ! Tu y puiseras l’envie

Et le courage de poursuivre ton chemin, malgré

Les convulsions d’une époque mortifère, bien décidé,

Dès l’Après, à transformer les choses et à changer les êtres.

.

fichier pdfP 469 – 20 ans en plein Covid !

Poème écrit par Philippe Parrot

Entre le 11 et le 17 février 2021

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469 - Vingt ans en plein Covid a

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