Dans nos sociétés de paillettes et de biens où la finalité de nos existences se réduit, d’une part à mettre en scène notre apparence via les réseaux sociaux — donnant ainsi à nos « ego » l’illusoire sensation d’exister au travers de nos exhibitions —, d’autre part à accumuler toujours plus de choses — donnant ainsi à nos « ego » la fallacieuse impression d’avoir mieux « réussi » que le voisin —, un tel individualisme, aveugle et forcené, pousse, au final, à opposer radicalement sa personne à celle de l’autre, récusant, dans la foulée, et sa légitimité et sa singularité, incapables que nous sommes de percevoir ce en quoi il pourrait nous enrichir.
En conséquence, à une époque où les faux-semblants et les points de vue manichéens priment sur toute autre considération, quiconque veut suggérer une vision plus universaliste de notre rapport au monde, est d’emblée perçu comme un élément dérangeant qu’opinion publique comme mouvances sectaires s’empressent d’exclure en le condamnant à l’arrache, sans autre forme de procès.
Certains d’entre nous bien trop soucieux d’imposer, à travers leur appartenance identitaire bruyamment revendiquée, leur différence, leurs convictions, même si, à plus ou moins long terme, un tel parti pris conduit à des impasses, sous forme de désagrégations, de fractures ou de chaos !
Philippe Parrot
Photo libre de droit trouvée sur Pixabay.com (Auteur : Mysticsartdesign)
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Poème 473 : Montrés du doigt
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Dans les eaux fangeuses
De nos marées putrides où
Aucun être humain ne voit
Jamais se refléter les lueurs
Des étoiles, mères porteuses
Des Merveilles de l’Univers,
Mais aussi fières traceuses
Des Voies Immémoriales,
Quels hérauts, mandatés
Par ces astres fondateurs,
Débarqués sur nos terres,
Trouveraient — là — privés
De la vive lumière des Cieux
Dans nos nuits ténébreuses
— Leurs yeux chassieux,
Presque entièrement clos
Par trop de peurs, pesantes
À leurs paupières — de bonne
Raisons d’espérer ?
En l’absence
De clarté céleste, son visage émacié,
Son jugement altéré, son cœur exsangue,
Torturé par l’angoisse, la gorge nouée,
L’air effaré, pantelant, quel messager
S’enhardirait à montrer, lumineux,
Prisonnier de la vase, aux foules
Versatiles, le chemin du Salut ?
D’autant qu’à trop savoir qu’à
Haïr le Beau et bannir le Vrai,
Elles ne peuvent s’empêcher,
Aveugles et emportées, sectaires
Et fanatiques, de toujours abhorrer
Les créateurs et les penseurs qui voient
Avec un œil nouveau.
Malgré son effarement,
L’Esprit du Monde, présent en toute chose
Dans les forces qui la portent, doit donc
Admettre qu’à évoquer ainsi des Ailleurs
Enchanteurs et possibles, ses mandataires
S’exposent à la vindicte des masses aveugles
Et sans pitié, bardées de certitudes, qui mettront
Au pilori ces boucs émissaires, avec haine montrés
Du doigt…
Comme tels, ils seront conspués, à grands
Coups d’invectives jusqu’à ce qu’ils se taisent, brisés,
Les hommes de pouvoir tous réjouis d’empêcher leurs
Propos d’illuminer nos âmes. Visionnaires calomniés,
Leurs paroles censurées, les nantis et les pleutres, en
Bourreaux de l’Histoire, les condamneront à mort,
À leurs yeux de médiocres vrais gibiers de potence
Tant…
Ils s’avèrent dérangeants par leurs exhortations
Qui poussent bien trop d’humains à croire ou à rêver.
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Poème écrit par Philippe Parrot
Entre le 5 et le 8 avril 2021
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