Qui se cachent donc derrière les âmes libertines, aux yeux des bien-pensants toujours « perdues » ? Des hommes, des femmes, avides d’amours charnelles qui, à ne jamais s’en lasser, cherchent, dans chaque nouvelle expérience, un exutoire temporaire à leur insatiable besoin d’union des corps.
Emportés par la puissance de leurs désirs, ingérables et brûlants, ils ne peuvent, en conséquence, jamais trouver la paix de l’esprit, trop dévorés qu’ils sont par leur quête de plaisirs à sans cesse renouveler. C’est ainsi qu’à franchir, tôt ou tard, les limites que fixent la Loi ou la Morale, possédés par leurs propres obsessions, ils doivent composer avec eux-mêmes et accepter qu’en leur for intérieur, leur conscience les condamne aussi, les obligeant, dès lors, à vivre envahis par la honte et la faute, pressés qu’avec la mort, ils s’en libèrent enfin.
Philippe Parrot
Photo libre de droit trouvée sur Pixabay.com (Auteur : Blende12)
* * * *
Poème 476 : Âmes perdues
.
Combien d’âmes jouisseuses, jamais lasses,
Que les bien-pensants, en place, pourchassent,
Craignent ces Chiens-de-Garde de la Morale
Qui les traquent, jusqu’à leur dernier râle,
Sous prétexte qu’infâmes et immatures,
Elles ne vivraient que dans la luxure ?
.
Serait-ce une faute ? Elles en doutent,
Malgré ces foules hostiles sur leur route
Qui voudraient, prudes comme des bigotes,
Qu’elles soient reléguées au fond d’une grotte.
Dans la tourmente constante de leurs tempêtes
Intérieures, elles se sentent seules et défaites,
.
Face à tous ces tartufes, en guerre contre elles !
Hypocrites, pour mieux cacher leurs vices réels,
Ils se réclament des bonnes mœurs et de l’éthique,
Exigeant, au nom de la Vertu, outrés et fanatiques,
Qu’à trop servir le désir et le sexe, elles payent cher
Leur tare, condamnées du haut de quelque chaire.
.
Car, à aimer se complaire dans le péché, n’ont-elles
Pas frayé avec le Diable, Lui qui coupe les ailes,
Au cœur de ses ténèbres, des esprits candides,
Assez sots pour ne pas être de plaisirs avides,
Assez crédules pour croire pouvoir échapper
Au Mal qui s’emploie sans cesse à frapper ?
.
Car, à aimer se complaire dans le stupre, n’ont-elles
Pas frayé avec le Diable, Lui qui donne des ailes,
Au cœur de ses ténèbres, aux esprits perfides,
Assez tordus pour être, de vils actes, avides,
Assez pervers pour ne pas vouloir échapper
Au Mal qui s’emploie sans cesse à frapper ?
.
Livides et oppressées, elles auraient beau
Implorer la lune, reflétée dans le caniveau,
L’astre froid s’en moquerait. Dans la brume
De leur chemin de croix, comme de coutume,
Il n’indiquerait nullement la voie rédemptrice
Qui noierait leur honte dans une eau salvatrice.
.
Dans le brasier céleste du crépuscule des dieux,
Elles n’auraient d’autre choix que de dire « adieu »
Aux plaisirs charnels d’ici-bas, aux femmes fatales
Offertes au bord des lits, aux pulsions animales.
Elles ploieraient sous le joug de leurs interdites
Envies, générées par mainte passion maudite.
.
D’avoir trop aimé la peau et le sang
Des compagnes vierges les ravissant,
Qui, par amour ou non, s’offraient dans
La nuit, elles profiteront d’un délétère vent
Pour quitter les chairs de ces libertins éhontés
Qu’elles squattaient, enfin, à la mort confrontés.
* * * *
Errantes sur les bords du Styx tempétueux
Qui emporte, loin, les corps des voluptueux
Jouisseurs noyés du fait de leurs débauches,
Elles se jetteront dans le fleuve sacré, gauches
Mais conscientes de leurs lascifs excès, d’avis
De demander pardon, en vue d’une sainte vie.
.
Poème écrit par Philippe Parrot
Entre le 5 et le 10 mai 2021
Regardez les vidéos ci-dessus sur YouTube, puis, pour me soutenir, abonnez-vous à ma chaîne ! Merci.
* * * *
* * * *
Pour accéder à la totalité de mes poèmes classés par ordre chronologique et thématique, veuillez cliquer sur l’une des bannières ci-dessous :
* * * *
Notification : Conformément au code de la propriété intellectuelle (loi n°57-298 du 11 mars 1957), il est interdit d’utiliser et/ou de reproduire et/ou de modifier et/ou de traduire et/ou de copier le texte ci-dessus, de façon intégrale ou partielle, sur quelques supports que ce soit : électronique, papier ou autre, sans l’autorisation expresse et préalable de l’auteur. Tout droit réservé.






















































