Arrivée au terme de sa détention, Ava s’apprêtait à quitter, dans quelques jours, la cellule de la sinistre prison où elle avait été incarcérée durant plus d’une décennie. Elle qui avait toujours été, avant, une femme de caractère, entreprenante et déterminée — ce qui, d’ailleurs, l’avait amenée à commettre ce pourquoi elle avait été condamnée — voilà qu’aujourd’hui, à l’approche de sa libération, elle se sentait, dans sa tête comme dans son corps, « vieille », tenaillée seulement par l’angoisse de ce qu’il allait advenir d’elle à l’heure de franchir la porte de la maison d’arrêt. Sa famille, dispersée, l’avait oubliée ; ses amis, ingrats, l’avaient abandonnée. Restait les services sociaux, censés la prendre en charge quelques temps pour l’aider à se réinsérer…
Cependant, avant même de songer à l’avenir : à l’endroit où elle allait habiter, au travail qu’elle allait chercher, aux nouvelles personnes qu’elle allait fréquenter, une seule chose comptait. Ce rêve qui l’avait poursuivie au fil de toutes ces années, jour et nuit : aller voir la mer au plus vite, en train, en bus, en stop, peu importe ! En effet, à ses yeux de détenue, il n’y avait pas de plus grande expression de la liberté que de pouvoir courir des heures durant sur la grève, face à l’océan, absolument libre de ses mouvements, sans murs pour limiter ses pas, sans barreaux pour briser son horizon, sans matons pour réfréner ses ardeurs !
Philippe Parrot
Photo libre de droit trouvée sur Pixabay.com (Auteur : Adamkontor)
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Poème 477 : Pénétrée par l’écume
.
Quels frissons garantis,
Quel ravissement
Ressenti quand,
Soudainement,
— À l’heure des
Grandes marées
Où les vagues
Vont viennent
S’écrasent et
Se brisent,
Violemment,
Contre les flancs
Des blocs de béton,
Au pied de la jetée —
Au milieu du vacarme,
Les embruns, emportés
Dans les airs, fondent sur
Mon corps de femme, jeune
Encore, entrevu sous ma robe,
Légère et froufroutante, agitée
Par les rafales
Tandis que moi,
Mes longs cheveux au vent,
Grisée par ces assauts répétés
Et hardis, mon appétit de vivre
Par eux décuplé, je me sens
Assez forte, épaulée par
Les flots, conquise par
Leur force, pour chasser
Mes angoisses et doutes,
Désireuse brusquement,
Sous l’effet de ma peau
Livrée à leur puissance,
D’étreintes différentes.
.
En cette journée bénie,
Serait-ce donc, là, le signe
Qu’est enfin revenu le temps,
Tant espéré, tant attendu,
De nouvelles amours ?
* * * *
Revigorée par cette bruine océane
— Fins nuages de gouttelettes
Qui pénétraient mon être
Au plus profond de soi —
À l’exaltation éprouvée
À gagner mes entrailles,
Envahie de longs frissons,
Je me suis — brusquement —
Mise à crier à tue-tête, chavirée
De comprendre qu’elle me délivrait
Du poids du passé, d’événements trop
Pesants, tant ce goût salé sur le bord
De mes lèvres… tant cette sensation
Extrême sur le bout de mes seins…
Tant ces moiteurs marines jusqu’à
Mon entrecuisse… me donnaient
L’avant-goût de fougueux baisers,
De vives caresses et de charnelles
Unions…
À m’en réjouir d’avance,
Les yeux vers l’horizon, la bouche
Grande ouverte, mes deux mains
En offrande, j’ai remercié la mer
De me faire entrevoir les ivresses
Que je vivrai, bientôt, à me blottir
Dans des bras, pressée de combler
Mes désirs dans de fougueux ébats.
.
Et, reconnaissante, j’ai hurlé de nouveau !
.
Poème écrit par Philippe Parrot
Entre le 18 et le 21 mai 2021
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