La philosophie ne cesse de s’interroger sur les rapports entre l’être et l’avoir depuis qu’elle s’est constituée en savoir. Force est de constater que ce questionnement métaphysique ne contribue, au final, qu’à la production d’ouvrages abscons qui viennent remplir les rayonnages des bibliothèques et que de rares érudits, mûrs et nantis, viennent, de temps en temps, consulter et dépoussiérer.
Mais, plus prosaïquement, qu’en est-il de cette problématique dans nos quotidiens ? Si chacun d’entre nous s’interroge souvent sur ce qu’il est, sur ce qui constitue tout à la fois sa nature et sa singularité profondes, il s’avère — ces moments de réflexion passés — que l’obligation qui nous est faite de devoir trancher et agir à tout instant nous oblige à privilégier l’urgence de la réalité sur les spéculations de la raison, la gestion des « choses » sur les échappées de l’esprit. Pris dans cette spirale infernale qui nous pousse à satisfaire nos besoins vitaux et immédiats, qui plus est à la poursuite de cette reconnaissance sociale qui contribue à notre épanouissement, il s’ensuit que, dans nos vies, la recherche de l’avoir prime largement sur la quête de l’être et qu’à cette heure, dans nos sociétés modernes, nous n’existons plus qu’à travers la quantité de biens que nous sommes capables de produire, d’acquérir et d’accumuler.
Pour le meilleur comme pour le pire, l’avoir s’impose donc aujourd’hui à nos pensées comme à nos actions comme le seul étalon qui leur donne sens.
Philippe Parrot
Photo libre de droit trouvée sur Pixabay.com (Auteur : Anemone123)
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Poème 478 : Être ou avoir ?
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Tous pris dans le feu de l’action,
Tourmentés par le désir et l’ambition,
Saurons-nous, aveuglés par nos passions,
Discerner l’essentiel, loin de nos gesticulations ?
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À piller la Planète, à détruire
La Nature, à toujours plus produire,
Arriverons-nous, bientôt, à nous conduire
Autrement qu’en cons peu soucieux de s’instruire ?
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À ne songer qu’au profit, à s’efforcer
Uniquement de spéculer, de commercer,
Nous avons tous oublié l’envoûtement exercé
Par les sourires d’un enfant, dans des bras bercé !
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Trop immergés dans de factices vies, ce qu’il y a d’infini
Et de doux, dans une parole amène, exempte de déni,
Dans un regard aimant qui laisse soudain démuni,
Nous l’avons enfoui profondément, en catimini.
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De la sorte formatés, à ne plus savoir qu’agir,
À ne songer qu’à posséder et jouir sans s’assagir,
Nous avons empêché nos esprits étriqués de s’élargir
Afin, un monde meilleur, d’œuvrer pour qu’il puisse surgir.
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Pourtant, l’urgence serait qu’à libérer
Les mots, la pensée puisse enfin s’aérer
Et dévoiler, au milieu des phrases générées,
Les vérités de savoirs trop longtemps différés :
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La beauté des humains dans leur essence !
La transcendance des amours dans leur transe !
L’impétuosité des cœurs et des corps dans leur danse,
Les fulgurances des consciences dans leur incandescence…
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Ainsi, faudrait-il prendre au pied de la lettre
Ça : que l’esprit, en quête de sagesse, doit vite mettre
Fin à l’insensée envie des mâles de vouloir passer maîtres
Dans l’art — les choses et leurs semblables — de les soumettre !
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À se soucier dès lors de privilégier l’être au détriment de l’avoir,
Les âmes s’élèveraient vers des aires spirituelles pour mieux « Voir »,
Ouvrant aux hommes touchés par cette révélation la voie qui ferait prévaloir
La grandeur de leur destin à conjuguer éthique et raison pour ne plus déchoir.
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Poème écrit par Philippe Parrot
Entre le 25 et 29 mai 2021
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