L’intérêt des échappées littéraires, c’est qu’elles nous permettent de nous affranchir des logiques qui conditionnent nos vies, obligés que nous sommes d’entrer dans des cadres institutionnels, d’agir conformément à des lois, enfin, de penser conformément à des normes. Au bout du compte, contraints à n’être que de dociles agents de production comme d’insatiables consommateurs, uniquement désireux de produire toujours plus pour consommer plus !
Heureusement, jouer avec les mots permet de fuir cet engrenage infernal qui formate nos paroles et nos actes. En effet, à les agencer à notre guise, au gré de nos émotions, l’esprit quitte les voies d’une raison trop étouffante en même temps qu’il se ferme aux exhortations d’une morale trop sectaire. Libéré de toute entrave, il peut alors se lâcher et tenir des propos absurdes qui n’ont d’autre fin que d’être là pour ce qu’ils sont : à savoir pour « RIEN ». Et justement parce qu’ils ne sont d’aucune utilité dans nos systèmes productivistes, ils nous permettent de nous en évader un bref instant, précieux exutoire à nos cœurs et à nos imaginaires.
Philippe Parrot
Photo libre de droit trouvée sur Pixabay.com (Auteur : ParallelVision)
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Poème 483 : Apporte-moi !
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Apporte-moi ces fragments
Dispersés, tombés sur Terre,
Couleur de fer ! Du firmament,
Par quelle voie royale dans les airs
— Providentiel passage près du soleil
Qui détermine notre système — cette pluie
De météorites est-elle passée ? Elle émerveille
La pupille des hommes, très attirée par ce qui luit.
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Je veux les tenir entre mes mains qui, bien des fois,
Implorent, sans y croire, leur puissance cosmique.
Hélas, elles ont beau se joindre en un acte de foi,
Malgré les vives morsures de bises erratiques,
Leurs supplications ne mènent à rien. Alors,
Je me plais à croire qu’il y a en ces pierres,
Jadis incandescentes, la voix nimbée d’or
De l’Infini, père de nos vies à la lumière.
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Apporte-moi cette rose que le Petit Prince
Choyait, unique et éphémère, là-bas, sur son
Astéroïde, en orbite ! Au fin fond de ma province,
Je la replanterai et ferai, pour elle, de bien belle façon
Une roseraie dans le jardin où mes yeux brilleront dès lors
Que je chérirai son évanescente beauté, chantée par les rêveurs.
Sublime, elle saura faire naître, dans ma chair, l’abandon et éclore,
Dans mon esprit, l’extase. Laisse-moi la conquérir, animé de ferveur !
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Je veux, à mes narines, qu’elle livre plus que ses fragrances capiteuses,
Transportées par les souffles caressants d’août, en fin d’après-midi.
Je veux, à mes soins, qu’elle admette, jadis seule et malheureuse,
Que c’est à moi qu’elle doit de s’épanouir en ce coin de paradis.
Je veux, à mes attentes, qu’elle s’étiole à n’offrir que parfums
Et grâces, hélas trop comparables aux charmes bien connus
Des fleurs d’ici-bas. Alors, à ne pouvoir assouvir mes faims,
Je la verrai mourir, son âme torturée envolée vers les Nues.
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Apporte-moi ciel, terre et mer,
Bel enchevêtrement d’éléments
Disparates en place dans l’univers.
De par leur existence, il y a vraiment
Des aigles qui visent les cimes les nuages,
Des champs de blé qui dansent avec le vent,
Des abysses qui honorent les morts en naufrage.
Je puiserai dans ces miracles la force d’être vivant !
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Apporte-moi enfin son cœur pour réchauffer le mien !
Dans une forêt de chênes où tombent en cataractes
Des eaux miraculeuses, pour consacrer nos liens,
Nous irons nous baigner, scellant par cet acte
Notre amour au sceau des élans de l’espoir,
Notre union au jeu des promesses de l’été.
Et, sur notre lit de mousse chaque soir.
Nous rêverons, en silence, d’éternité.
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Poème écrit par Philippe Parrot
Entre le 8 et le 11 août 2021
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