Tiraillé entre les injonctions du corps et de l’esprit, c’est au cœur de cette contradiction — consubstantielle à sa nature — que l’homme trouve assez d’énergie pour agir et s’unir comme assez de constance pour apprendre et juger. Cependant, compte tenu des forces diamétralement opposées que cette dernière met en oeuvre — la chair comme la raison cherchant toujours à imposer son hégémonie à l’autre — cette dynamique existentielle, à génèrer constamment maints combats intérieurs, ne peut se concevoir sans douleurs, atermoiements et angoisses. Ce qui explique qu’au final, la lassitude et le fatalisme l’emportent bien souvent sur toute autre considération, l’individu s’étant trop épuisé, physiquement comme psychiquement, à trouver des solutions et des moyens pour dépasser cet antagonisme.
Et qu’en dernier recours, en quête de quelque salut au soir de sa vie, il se rattache à l’idée de l’existence de « l’âme », seule évanescente entité capable, tout au moins le croit-il, en réunissant dans un même élan sensibilité et pensée, de le réconcilier enfin avec lui-même. Même s’il craint — sans oser formellement se l’avouer — de se fourvoyer quand il attend d’elle qu’elle l’apprivoise et le sauve…
Philippe Parrot
Photo libre de droit trouvée sur Pixabay.com (Auteur : Geralt)
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Poème 488 : Apprivoisez-nous !
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Aux portes de l’Ailleurs, ardentes âmes,
— comme, sur un bûcher, les flammes
Dévorent, des suppliciés, les chairs —
Vous brûlez nos vérités d’homme fier,
Enfouies au tréfonds de nos crânes…
À grands coups de couleurs océanes,
Vos visions chassent les évidences
De nos esprits plein d’impudence.
Nos mâles pensées trop carrées,
Hélas, rarement rembarrées,
Logiques mais normatives,
Bien souvent expéditives,
Au nom de notre orgueil
Ou d’intérêts tape-à-l’œil,
Conduisent à justifier nos
Guerres et cautionner nos
Crimes pendant qu’Elles,
Femmes providentielles
Ceintes d’habits noirs,
Pleurent chaque soir
Sur les marbres froids
Des tombes, par charroi,
Ceux qu’elles ne reverront
Plus, honorés au son du clairon.
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Pécheriez-vous par excès de pureté,
Portées par une exigence de beauté,
À vouloir nous mener vers vos aires
Pour qu’on puisse, saouls d’éther,
— À voir sans fard, sans voile —
Admirer ces décrocheurs d’étoiles
Qui parcourent l’univers sur le dos
De rapaces détracteurs de nos credo ?
Pour que vous soyez acceptées sur Terre,
Malgré nos jugements souvent réfractaires
Durant une nuit d’ivresse, laissez-nous vous
Approcher, nous autres, bien trop casse-cous
Et apprentis sorciers ! À renoncer à nous toiser,
Peut-être parviendrez-vous à nous apprivoiser ?
Séduits par vos intuitions et vos éblouissements,
Vous ouvrirez nos cœurs dans un tressaillement.
Éblouis par vos clartés, nous ouvrirons nos bras
Et suivrons vos voies aux antipodes des apparats.
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Poème écrit par Philippe Parrot
Entre le 5 et le 8 octobre 2021
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