À peine sortis du ventre maternel, voire encore bien au chaud à l’intérieur, l’expérience de la vie nous montre, et nous enseigne, que nous sommes tous assez vieux pour mourir. Qu’un concours fâcheux de circonstances se produise, et nous voilà — sans notre « consentement éclairé » et beaucoup plus tôt que ne le voudrait la logique des choses — sur la liste des Convoqués, obligés de nous présenter les pieds devant…
Replacée dans l’axe infini du Temps, la brièveté de l’absurde pièce que nous interprétons, sur la scène si mouvante de l’existence, dépend donc d’imprévisibles facteurs qui se jouent de nous, comme la tempête avec les marins qui, faute de savoir quand elle se lèvera pour briser leur navire, feignent de ne pas s’en soucier.
Alors, dans l’attente de cette fantasque et délétère bourrasque, entretenons cette plaisante illusion que nos pieds sont bien ancrés dans la terre, et pour si longtemps que rien ni personne ne pourra nous en arracher.
Car, vivre vaut bien l’aveuglement d’une si salutaire croyance !
Philippe Parrot
Photo libre de droit trouvée sur Pixabay.com (Auteur : PublicDomainPictures)
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Poème 492 : Le nourrisson
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Le nouveau-né replet,
Dans son blanc berceau,
Au chaud dans ses langes,
Yeux grand ouverts, sourire
Béat aux lèvres, s’émerveille
Aux murmures du vent, légers
Et caressants. L’enjoindrait-il,
Ainsi, de cette façon chantante,
D’apprendre à écouter les bruits,
Divers, du monde environnant ?
.
Le nouveau-né replet,
Drôlement emmailloté,
Dans les bras de sa mère,
Au chaud contre ses seins,
Yeux grand ouverts, sourire
Béat aux lèvres, se pâme d’aise
Au son de ses paroles. Troublés tous
Deux, lui chanterait-elle une comptine,
Dans le creux de l’oreille, pour lui faire
Découvrir les nuances de l’amour ?
* * * *
Le nourrisson replet,
Nu dans son bain tiède,
À se détendre dans l’eau,
Yeux grand ouverts, sourire
Béat aux lèvres, s’abandonne
Dans l’onde qui l’enveloppe,
Insaisissable et caressante.
Le préparerait-elle, en fait,
Aux futurs autres délices
Qui parcourront sa peau ?
.
Le nourrisson replet,
Offert au soleil levant,
Sous ses rais bienfaisants,
Yeux grand ouverts, sourire
Béat aux lèvres, aime profiter
De cette chaleur indiscernable
Qui le baigne. Chercherait-elle
À lui faire entrevoir, au travers
Des rideaux qui filtrent les rayons,
Comme c’est bon de savoir lâcher prise ?
.
Le nourrisson replet,
À voir venir la nuit,
Yeux grand ouverts,
Sourire béat aux lèvres,
S’étonne de voir d’épaisses
Ténèbres gagner du terrain.
Sombres et conquérantes,
S’ingénieraient-elles à
Lui faire entrevoir les
Noirceurs d’ici-bas ?
.
Le nourrisson replet,
Avant de s’endormir,
À entendre un chat
Soudain ronronné,
Yeux grand ouverts,
Sourire béat aux lèvres,
Se rassérène, charmé par
L’Imprévu. S’appliquerait-il
À lui faire apprécier les vertus
De ce qu’on nomme l’Inattendu ?
* * * *
Le nourrisson replet,
Paupières closes,
Visage aux anges,
Se complaît dans
Cette torpeur dont
La vie lui fait don…
Ne s’efforcerait-elle
Pas de le tromper
Par ce sommeil
Si plaisant ?
.
Ce que l’on sait,
Ce qu’il ignore,
Cet innocent bébé
Qui, vite, croîtra, c’est
Qu’hélas, prisonnier du
Temps qui s’écoule et des
Années qui passent, devenu
Un homme, son Heure venue,
Un fin linceul le recouvrira avant
Que, mis en terre… l’on ne l’oublie !
.
Poème écrit par Philippe Parrot
Entre le 2 et le 5 novembre 2021
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