Régulièrement, un nouveau poème d’hier !
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Poème 159 : Un homme en colère
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Messieurs, iniques dirigeants !
Dans vos palais pleins de gens,
Toutes vos portes sont fermées,
Jamais entrebâillées à l’armée,
En déroute des muets salariés.
Abattus, ils n’osent plus parier
Que des lois aboliront, demain,
La précarité, rêvant en chemin
D’un juste contrat indéterminé,
Bel horizon sur une voie minée.
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Vous ne dispensez à nous autres
Que langue de bois, vils apôtres !
Oui ! Nul salutaire rai de lumière
À nos âmes usées par les prières.
Comment échapper aux ténèbres
Avec vos oraisons trop funèbres ?
Ah ! Ministres, nuls en politique,
À manquer d’audace et d’éthique,
Vous ne pouvez pacifier ce monde
Rongé par des guerres à la ronde !
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Ah ! Que j’aimerais hurler ma rage
Face à vos tronches dans les nuages
Et abroger les privilèges de vos vies
À l’opposé de nos si simples envies !
Défait, je reste coi, vide et immobile.
Car, les dettes des banquiers habiles,
Il faut les payer en traites mensuelles
Sous peine de mourir dans une ruelle.
Ah ! Que je voudrais boxer contre vous
Et que vous tombiez dans notre boue !
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En colère, écarquiller vos yeux fuyants
De nantis incompétents et défaillants !
Vous forcer à voir ce bordel où l’on sue
Alors que vos putes vous sucent, nues !
Amer et écœuré, je fermerai les miens,
Songeant qu’ici-bas rien ne me retient,
Oubliant, le temps d’un trop bref repos,
Ce salaire minable trop collé à ma peau,
Insuffisant pour régler créances et frais,
Réduit par vous à quelque bête de trait !
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Voilà pourquoi je me sens lamentable !
Otage d’heures légalement modulables,
Le profit attendu fait de moi un esclave,
Le travail décousu m’a changé en épave.
Alors, comment espérer pouvoir profiter
Des plaisirs de la vie des baignades d’été,
Des livres des arts et, en mal de bonheur,
D’un amour vrai, sauveur de mon cœur ?
Écoutez bien ce coup de gueule, le seul !
Après, ce sera un coup dans vos gueules.
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Poème écrit par Philippe Parrot
Commencé le mardi 23 février 2016
Et terminé le jeudi 25 février 2016.
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Mon recueil de poésie
(N°ISBN : 979-8-379-03175-6)
« Aurores et Crépuscules de vies rêvées » – Livre 1
« Aurores et crépuscules de vies rêvées » ! Pourquoi un tel titre ? À s’inscrire dans l’écoulement d’un temps qui nous échappe et d’un espace qui nous formate, notre raison en vient trop souvent à conclure que nos vies se déploient de façon linéaire, allant par étapes successives de leur point de naissance à leur point de mort. Ainsi, de l’enfance à l’adolescence, puis de la maturité à la vieillesse, notre destin se réduirait à suivre une frise chronologique.
Il n’en est rien ! En effet, au cours de l’existence, nous avons bien des fois l’occasion d’éprouver la sensation — perçue au tréfonds de soi — qu’on ne cesse jamais de mourir puis, peu à peu, de revivre, tenu de faire le deuil de ce que nous étions hier afin de mieux assurer ce que nous serons demain. Ainsi, à notre corps défendant, assistons-nous à maints « crépuscules » et participons-nous à maintes « aurores » qui nous changent radicalement. Sans que les autres ne s’en aperçoivent forcément ; sans que nous-mêmes ne le distinguions clairement, nos âmes ne cessent de pâtir d’une kyrielle de « petites morts » qui les condamnent à renaître de leurs propres cendres. Sous peine de sombrer… Oui ! Au gré des aléas, tragiques ou non, du quotidien, une part de nous se doit de « disparaître », nous obligeant à « ressusciter » sous la forme d’un nouvel être avant que ce dernier ne se transmue à son tour en un autre — et ainsi de suite — transformé profondément par les rencontres ou les actions qu’il fait ou entreprend. Les poèmes de ce recueil — initialement présentés sur mon blog— illustrent ces incessantes métamorphoses, sous couvert de textes qui parlent d’amours, de drames, de bonheurs, de voyages, de rêves et d’attentes.
En guise de conclusion, je souhaiterais préciser un point. Contrairement à une poésie « des profondeurs » qui, derrière un langage délibérément abscons, prétend cacher une multitude de sens, pour ma part je n’ai jamais désiré privilégier une telle démarche, convaincu que l’insertion et le décryptage d’obscurités ne sont pas forcément gages de « poésie ». À l’opposé de cette approche très formelle et très élitiste, mes écrits se veulent plus prosaïques. Loin de vouloir endosser le rôle d’un « essaimeur de sens », je prends plaisir à n’être qu’un « conteur d’histoires » soucieux de produire des vers qui visent moins à masquer des significations pour inviter à leur découverte qu’à imaginer des péripéties pour susciter des émotions.
Cependant, si ma poésie se veut essentiellement « narrative », elle n’est pas mise pour autant au seul service de la réalité. D’un tempérament plutôt rêveur, j’aime aussi concevoir des récits fantastiques où je laisse aller mon imagination sur des voies toutes plus délirantes les unes que les autres. En somme, moins poète que metteur en scène, je ne me soucie pas de « faire de la littérature » mais de « me faire mon cinéma ». Mes textes sont ainsi une sorte d’« arrêt sur image », un instantané qui évoque un parcours. Lequel — soutenu par des visions où priment le sang, le sexe, la passion et la mort — trahit la tentative un peu folle de ma part de vouloir mettre l’homme à nu, avec ses bassesses et sa grandeur…
Philippe Parrot
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