En matière d’érotisme, dans la communication comme dans l’art, associer bouche et banane n’est jamais le fruit du hasard. Plus que la pomme — invite au pêché par excellence — sa représentation et sa mise en scène permettent d’évoquer la sexualité d’une façon certes symbolique mais néanmoins suffisamment explicite pour suggérer sans offenser et troubler sans choquer.

En effet, que ce soit par sa forme longue et incurvée qui fait penser à un pénis ou par sa manière d’être consommée qui laisse croire à un simulacre de pénétration, à rappeler tout à la fois sexe masculin et pratiques amoureuses, cet aliment ne peut susciter que de sulfureuses images ou nourrir que d’indécents fantasmes dès lors qu’il investit un orifice buccal.

Voilà pourquoi, en ingérant une banane, une femme peut tout à loisir s’imaginer être pénétrée tandis qu’un homme à la voir l’avaler, se figurer se perdre en elle…

Philippe Parrot

333 - Anne et la banane

Photo libre de droit trouvée sur Pixabay.com ( auteur : Pewasser )

*      *      *      *

Poème 333 : La banane d’Anne

.

La longue et roide banane,

Tentante, qu’elle épluche

Pour mettre, vite, à nu

Sa consistante chair,

.

Dans les mains d’Anne

S’offre, sans fanfreluche,

À ses doigts et, sans retenue,

À son esprit, en une image chère.

*      *      *      *

Sa lisse peau tachetée, ôtée, hampe

Tout incurvée près de sa bouche,

En provocatrice demoiselle,

Anne se plaît — ravie de jouer à la vamp —

À l’avaler. Soudaine émotion qu’elle devine louche,

Sentir sa gorge pénétrée la trouble, trop pleine de zèle…

*      *      *      *

D’autant qu’avant de l’ingérer,

Ses mâchoires doucement refermées,

Ses lèvres pulpeuses colorées, Anne la suce.

.

Longtemps… En maint va-et-vient délibéré,

Profond, lascif et lent ! À ces pressions affirmées,

Soûle d’abandon, elle s’imagine maîtresse d’un phallus.

*      *      *      *

Dans la tension du moment,

À fondre dans son étroit palais

En une pâte épaisse et goûteuse,

Le corps en émoi, Anne s’enflamme.

.

Indifférente à la « Morale » qui nous ment,

Désireuse de combler ses sens, en guise de relais

La voilà — avec indécence — qui se caresse ! Radieuse

De jouir pour la première fois dans ses entrailles de femme…

.

fichier pdfP 333 - La banane d’Anne

Poème écrit par Philippe Parrot

Entre le 30 et le 31 mai 2018.

.

Mon recueil de poésie  ‎

(N°ISBN : 979-8-379-03175-6)

« Aurores et Crépuscules de vies rêvées » – Livre 1

1074 par 1845

« Aurores et crépuscules de vies rêvées » ! Pourquoi un tel titre ? À s’inscrire dans l’écoulement d’un temps qui nous échappe et d’un espace qui nous formate, notre raison en vient trop souvent à conclure que nos vies se déploient de façon linéaire, allant par étapes successives de leur point de naissance à leur point de mort. Ainsi, de l’enfance à l’adolescence, puis de la maturité à la vieillesse, notre destin se réduirait à suivre une frise chronologique.

Il n’en est rien ! En effet, au cours de l’existence, nous avons bien des fois l’occasion d’éprouver la sensation — perçue au tréfonds de soi — qu’on ne cesse jamais de mourir puis, peu à peu, de revivre, tenu de faire le deuil de ce que nous étions hier afin de mieux assurer ce que nous serons demain. Ainsi, à notre corps défendant, assistons-nous à maints « crépuscules » et participons-nous à maintes « aurores » qui nous changent radicalement. Sans que les autres ne s’en aperçoivent forcément ; sans que nous-mêmes ne le distinguions clairement, nos âmes ne cessent de pâtir d’une kyrielle de « petites morts » qui les condamnent à renaître de leurs propres cendres. Sous peine de sombrer… Oui ! Au gré des aléas, tragiques ou non, du quotidien, une part de nous se doit de « disparaître », nous obligeant à « ressusciter » sous la forme d’un nouvel être avant que ce dernier ne se transmue à son tour en un autre — et ainsi de suite — transformé profondément par les rencontres ou les actions qu’il fait ou entreprend. Les poèmes de ce recueil — initialement présentés sur mon blog— illustrent ces incessantes métamorphoses, sous couvert de textes qui parlent d’amours, de drames, de bonheurs, de voyages, de rêves et d’attentes.

En guise de conclusion, je souhaiterais préciser un point. Contrairement à une poésie « des profondeurs » qui, derrière un langage délibérément abscons, prétend cacher une multitude de sens, pour ma part je n’ai jamais désiré privilégier une telle démarche, convaincu que l’insertion et le décryptage d’obscurités ne sont pas forcément gages de « poésie ».  À l’opposé de cette approche très formelle et très élitiste, mes écrits se veulent plus prosaïques. Loin de vouloir endosser le rôle d’un « essaimeur de sens », je prends plaisir à n’être qu’un « conteur d’histoires » soucieux de produire des vers qui visent moins à masquer des significations pour inviter à leur découverte qu’à imaginer des péripéties pour susciter des émotions.

Cependant, si ma poésie se veut essentiellement « narrative », elle n’est pas mise pour autant au seul service de la réalité. D’un tempérament plutôt rêveur, j’aime aussi concevoir des récits fantastiques où je laisse aller mon imagination sur des voies toutes plus délirantes les unes que les autres. En somme, moins poète que metteur en scène, je ne me soucie pas de « faire de la littérature » mais de « me faire mon cinéma ». Mes textes sont ainsi une sorte d’« arrêt sur image », un instantané qui évoque un parcours. Lequel — soutenu par des visions où priment le sang, le sexe, la passion et la mort — trahit la tentative un peu folle de ma part de vouloir mettre l’homme à nu, avec ses bassesses et sa grandeur…

 Philippe Parrot

Retour à la page d’accueil

*      *      *      *

Pour accéder à la totalité de mes poèmes classés par ordre chronologique et thématique, veuillez cliquer sur l’une des bannières ci-dessous :

Tous mes poèmes de 1 à 100        0 - Tous mes poèmes  De 101 à 200 bf

Tous mes poèmes de 201 à 300        Tous mes poèmes de 301 à 400

0 - Tous mes poèmes  De 401 à 500        Tous mes poèmes par thèmes

*      *      *      *

Notification : Conformément au code de la propriété intellectuelle (loi n°57-298 du 11 mars 1957), il est interdit d’utiliser et/ou de reproduire et/ou de modifier et/ou de traduire et/ou de copier le texte ci-dessus, de façon intégrale ou partielle, sur quelques supports que ce soit : électronique, papier ou autre, sans l’autorisation expresse et préalable de l’auteur. Tout droit réservé.

 

Votre nom : (oblig.)
Votre email : (oblig.)
Site Web :
Sujet :
Message : (oblig.)
Vous mettre en copie (CC)
 

Mots-clefs :, , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Les commentaires sont fermés.

Théâtre du Moment | Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | apprentie